L’HexaTrek n’était pas ma première longue randonnée, mais elle m’a tout de même offert son lot d’apprentissages. Certaines réflexions avaient déjà émergé sur d’autres sentiers, mais cette aventure les a approfondies, ancrées, et parfois même transformées. Voici quelques-unes des leçons que je retiens, et qui m’accompagnent désormais au quotidien :
1. La bienveillance avant la méfiance
L’HexaTrek m’a redonné confiance en la nature humaine. En ville, nous sommes souvent sur nos gardes : on regarde les autres avec prudence, parfois même avec méfiance. Dire bonjour à un inconnu dans la rue peut susciter des regards perplexes ou une réaction de retrait. Sur le sentier, c’est tout le contraire : on se salue spontanément, qu’on se connaisse ou non. Bien souvent, ces échanges sont suivis d’un sourire, d’un mot d’encouragement ou d’un geste d’entraide. J’ai vu tant d’actes de générosité de la part des randonneurs et des randonneuses, ainsi que des habitants et des habitantes, que cela a changé ma façon de voir les choses. J’ai compris que, bien souvent, ce qu’on perçoit comme du désintérêt ou de la froideur n’est qu’un malentendu ou un réflexe de protection. Le sentier m’a permis de désamorcer certains de mes biais, et d’aborder les autres avec plus de confiance et d’ouverture.






2. Il n’y a pas de « bon » ou de « mauvais » métier
Cette idée avait déjà commencé à mûrir en moi, mais elle s’est consolidée durant l’HexaTrek. J’ai grandi avec l’idée, très ancrée dans notre société, que certains métiers valent plus que d’autres. Comme si certaines professions, dites « prestigieuses », validaient davantage la réussite d’une vie. Mais, sur le sentier, j’ai rencontré des personnes brillantes, passionnées, sensibles, qui avaient fait des études poussées, et qui avaient choisi de travailler dans des métiers saisonniers ou atypiques. Certains alternaient entre des emplois à court terme et des périodes de voyage. Tout cela m’a fait réaliser que la valeur d’un métier ne réside pas dans son prestige ou son salaire, mais dans l’équilibre de vie qu’il permet. Qu’il n’y a pas une seule bonne voie, mais une multitude de chemins valables, tant qu’ils sont choisis avec sens !
3. La vie ne suit jamais son plan initial
L’HexaTrek est une belle école de l’imprévu. On prévoit un itinéraire, une distance, une météo idéale… et très vite, tout change. Une blessure, une tempête, une invitation imprévue, et il faut s’adapter. Blessée dès le deuxième jour, j’ai dû faire certains tronçons en auto-stop. Et ce que je croyais être un contretemps s’est révélé une chance : j’ai fait des rencontres marquantes, partagé des moments riches, et forgé des liens qui m’accompagnent encore aujourd’hui.
En acceptant de ralentir, j’ai croisé des personnes que je n’aurais jamais rencontrées autrement. J’ai parfois écourté mes journées pour répondre à une invitation, partager un repas, ou simplement prendre soin de moi. Une des expériences les plus marquantes : ce monsieur de 80 ans qui, après m’avoir pris en auto-stop après mon malaise, a conduit deux heures de plus pour me montrer un paysage que j’avais manqué. Tout cela m’a appris qu’en restant souple, en lâchant prise sur le « plan parfait », on s’ouvre à des expériences encore plus belles que prévu.



4. S’arrêter pour mesurer sa chance
L’année 2024 a été marquée par une météo capricieuse : pluie incessante, neige tardive, brumes qui cachaient les panoramas tant attendus… À cela se sont ajoutées mes blessures, qui m’ont contrainte à laisser derrière moi près de 200 km du sentier. Au début, une petite voix me soufflait : « Ce n’est pas juste. » Mais j’ai pris un pas de recul. J’ai réalisé à quel point j’étais chanceuse d’avoir la santé, le temps et les moyens de vivre cette aventure. Et que, même avec des imprévus, ce que j’avais vécu était exceptionnel. On veut toujours en voir plus, aller plus loin. Mais l’essentiel, c’est de savoir estimer la valeur de ce qu’on a, ici et maintenant.



5. Le partage amplifie le bonheur
Sur l’HexaTrek, les connexions humaines prennent une force particulière. Vivre cette aventure avec d’autres randonneurs crée un lien unique. On vit les mêmes galères, les mêmes joies, les mêmes émerveillements. Dans les moments difficiles, pouvoir échanger avec quelqu’un qui comprend vraiment ce que l’on traverse fait toute la différence.
J’ai réalisé que partager une expérience, même la plus simple — un lever de soleil, un repas, un orage sous une tente — multiplie le bonheur. On rit plus fort, on vit plus intensément. Ces moments sont devenus parmi les plus précieux de ma randonnée.
6. Travailler pour vivre, pas vivre pour travailler
L’HexaTrek m’a ramenée à l’essentiel. J’ai compris que le bonheur, pour moi, réside dans la simplicité : marcher, manger, dormir, être en nature, partager avec les autres. Je suis revenue avec la volonté de prioriser ce dont j’ai réellement besoin, de vivre de façon plus minimaliste, et de travailler pour soutenir ce mode de vie — pas pour accumuler des biens. Cette expérience m’a confortée dans l’idée que le confort matériel n’est rien sans le confort mental, et qu’une vie alignée avec ses valeurs est la plus belle des réussites.


7. En avoir plus ne vous rendra probablement pas plus heureux
Sur le sentier, j’ai appris à quel point le bonheur est relatif. Le meilleur exemple que je puisse vous donner, c’est que, dans ma vie quotidienne, je ne ressens presque jamais de bonheur intense en buvant un verre d’eau ou en prenant une douche. Ce sont des gestes banals, tellement facilement accessibles qu’ils ne m’évoquent qu’une sorte de neutralité émotionnelle.
Mais sur le sentier, après avoir marché des heures sous un soleil écrasant, ou perdu toute l’eau de mon corps en transpirant, boire une simple gorgée d’eau ou sentir l’eau couler sur moi sous une douche était une source de bonheur immense. Une sensation pure, profonde, presque euphorique.
C’est là que j’ai compris pourquoi ceux qui vivent dans l’abondance, entourés d’un confort permanent, ne sont pas nécessairement plus heureux. Leur quotidien est si comblé, si prévisible, que même les plaisirs deviennent ordinaires. Et ce qui est ordinaire finit par ne plus toucher.
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Crossing France on Foot: A Guide to Hiking the HexaTrek
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