La traversée des Monts-Valin en raquette

Quatre jours de marche en raquettes, loin de toute civilisation, au cœur d’un décor hivernal féérique. Une randonnée dans des forêts d’arbres givrés, sous un ciel bleu éclatant. Des refuges à l’ancienne, sans électricité et eau courante.

L’idée fait rêver et pourtant, elle est bien réelle. Le Parc national des Monts-Valin offre l’un des terrains les plus spectaculaires du Québec pour vivre une aventure hivernale mémorable.

Situé au nord de Saguenay, ce territoire montagneux se distingue par ses vastes forêts boréales, ses sommets arrondis et ses sentiers merveilleusement bien entretenus. En hiver, le paysage se métamorphose, grâce à une moyenne annuelle de presque 6 mètres de précipitations de neige. Le froid intense et le vent rigoureux sculptent les arbres en silhouettes irréelles, les célèbres fantômes givrés, donnant au parc une atmosphère presque magique.

Inauguré officiellement en 1996 par le gouvernement du Québec, le parc national des Monts-Valin est un lieu de prédilection pour la raquette et le ski nordique. Son climat rigoureux et son altitude en font un terrain exigeant, mais profondément gratifiant pour celles et ceux qui souhaitent s’immerger pleinement dans l’hiver québécois.

Présentation du parcours

Le parc national des Monts Valin propose plusieurs options de longue randonnée en raquettes ou en ski nordique. Les itinéraires s’échelonnent sur deux à quatre journées et incluent des nuitées en refuge.


Afin de profiter pleinement de notre séjour en famille, nous avons choisi une boucle de trois nuits et quatre journées. Les distances parcourues chaque jour varient entre 5,5 et 8,5 kilomètres.


Pour découvrir l’ensemble des options offertes
https://www.sepaq.com/pq/mva/

Voici notre itinéraire (photo tirée du site de la SÉPAQ):

Jour 1: Centre de découverte et de services au refuge Ulysse (5.5 km)

Pour les personnes qui habitent loin du parc, il est conseillé de passer la nuit à Chicoutimi, située à environ quarante minutes de route du Centre de découverte et de services. La ville offre plusieurs options d’hébergement.


De notre côté, nous avons choisi le magnifique Hôtel Château Cran Chaud, un ancien presbytère reconverti en hôtel. Bien que l’établissement soit plutôt dispendieux, nous avons eu la chance de profiter d’un excellent rabais sur Booking.com, soit environ 50 dollars par personne.

Lors de la première journée, vous devrez d’abord vous enregistrer au Centre de découverte et de services. La carte des sentiers vous sera remise et quelques explications vous seront fournies afin d’assurer le bon déroulement de votre randonnée. Sur place, il est possible d’acheter certaines denrées alimentaires et du matériel de plein air, de même que de louer des raquettes ou des crampons. Il est toutefois recommandé de ne pas s’y fier entièrement et de s’assurer d’avoir tout l’équipement nécessaire avant votre arrivée.

Au programme de cette première journée, une randonnée de 5,5 kilomètres en raquettes vous attend, du Centre de découverte jusqu’au refuge L’Ulysse, avec un dénivelé positif de 420 mètres. Bref, ça monte beaucoup en peu de temps.
Pour les personnes ayant peu le sens de l’orientation, soyez rassurées. Ce réseau fait partie des sentiers les mieux balisés que j’aie vus. Il faut toutefois noter qu’en cas de fortes tempêtes de neige ou de vents soutenus, il peut devenir plus difficile de repérer son chemin, les traces au sol ayant tendance à s’effacer.

Il peut donc être judicieux d’avoir une boussole ou, à tout le moins, le tracé du parcours sur son téléphone. À ce sujet, il est possible de télécharger gratuitement l’itinéraire sur l’application mobile Avenza Maps. Au Centre de découverte, il suffit de demander à un employé le code QR afin d’obtenir la bonne carte.

Cette première journée devrait vous prendre entre trois et quatre heures, voire environ deux heures pour les plus rapides. Le parcours ne présente pas de difficulté majeure, mais après environ un kilomètre relativement plat, le sentier monte de façon continue jusqu’au refuge.

Jour 2: Refuge Ulysse au refuge Le Fantôme (8.5 km)

Cette deuxième journée a été l’une de mes préférées, notamment en raison de la diversité des paysages, du grand nombre d’itinéraires alternatifs menant à différents sommets, ainsi que d’un magnifique coucher de soleil au pic Dubuc.

Le pic Dubuc


Bien que, sur papier, la distance prévue soit de 8,5 kilomètres, il est possible d’augmenter le kilométrage d’environ trois kilomètres en effectuant des allers retours vers certains pics. Le pic du Grand Corbeau ajoute environ 400 mètres, le pic de la Hutte environ 1 200 mètres et le pic Dubuc environ 1 400 mètres. Par beau temps, je recommande vivement le pic du Grand Corbeau, qui offre des vues spectaculaires sur le Saguenay, ainsi que le pic Dubuc, le plus haut sommet de la région avec ses 984 mètres et sa vue panoramique à 360 degrés. L’abri du pic de la Hutte est charmant, mais le panorama y est un peu moins dégagé.


Selon moi, cette journée est la plus exigeante physiquement du parcours. Le terrain est très vallonné, ce qui entraîne une alternance constante entre montées et descentes. Deux montées sont particulièrement raides, mais le port de raquettes facilite grandement l’ascension.
Si vous montez au pic Dubuc, je recommande fortement de redescendre par le sentier de la Vallée des Fantômes, l’un des attraits touristiques majeurs des Monts Valin. Vous marcherez alors au milieu d’arbres recouverts de neige, leur donnant une apparence fantomatique. Cette variante ne rallonge le trajet que de quelques centaines de mètres. Il s’agit sans contredit de mon segment de sentier préféré, que j’ai toutefois parcouru lors de la troisième journée, sous un ciel dégagé.

La Vallée des fantômes


À environ la moitié de la journée, vous croiserez le refuge Le Pionnier, un endroit idéal pour prendre votre pause repas. Avoir accès à un refuge chauffé est particulièrement appréciable, surtout lorsque les températures de janvier frôlent les moins 30 degrés Celsius.


Pour l’ensemble de cette journée, il faut prévoir entre quatre et six heures de marche afin de rejoindre le refuge Le Fantôme.

Pic de la Hutte

Jour 3: refuge Le Fantôme au refuge l’Hibernal (8 km)

Si vous aimez la descente, vous serez comblé. Vous commencerez la journée par marcher quelques kilomètres sur le même sentier que la veille, jusqu’à une intersection indiquant le chemin vers le refuge L’Hibernal. Mis à part quelques rares montées et certaines sections plus plates, la journée se déroule presque entièrement en descente. Vous perdrez près de 400 mètres d’altitude et pourrez observer un changement progressif dans la composition de la flore, avec une présence de plus en plus marquée de bouleaux.

Changement de flore


Si la météo le permet, il est aussi possible de débuter la journée par un lever de soleil au pic Dubuc, situé à environ 20 à 25 minutes de marche du refuge le Fantôme. Il est toutefois important de noter que les températures y sont extrêmement froides et que le vent y est souvent très fort. Lors de mon passage, le ressenti atteignait près de moins 40 degrés Celsius. Prévoyez donc plusieurs couches de vêtements chauds.

Un lever du Soleil glacial, les gants furent enlevés seulement pour cette photo 😅


Le principal défi de cette journée réside dans l’absence d’abri sur les sept premiers kilomètres. Vous devrez probablement prendre votre repas à l’extérieur. Je recommande de préparer votre wrap ou votre sandwich le matin avant de partir, afin d’éviter d’avoir les doigts gelés au moment du lunch.


À environ un kilomètre du refuge, vous passerez devant un petit abri équipé d’une table et d’un poêle à bois. C’est un excellent arrêt si le froid se fait sentir.

Beaucoup d’altitude perdue en une journée!


La journée se fait assez facilement pour peu que vous appréciiez les longues descentes et devrait prendre environ quatre heures de marche.

Refuge L’Hibernal

Jour 4: Refuge l’Hibernal au Centre de découverte et de services (6 km)

Cette dernière journée de 6 kilomètres est de loin la plus facile et la plus courte. Le parcours est presque entièrement plat si vous choisissez le sentier des Facades. Une autre option existe, plus longue et comportant davantage de montées, mais une employée du Centre de découvertes et de services nous a recommandé le sentier des Facades pour sa beauté. Et en effet, le paysage y est magnifique.


Il n’y a aucune difficulté technique et cette journée devrait vous prendre entre deux et trois heures de marche. C’est une distance idéale pour celles et ceux qui ont un long trajet en voiture à effectuer par la suite.

Le sentier des Façades

Hébergement

Dans le parc national des Monts Valin, le bivouac ainsi que le camping d’hiver ne sont pas permis le long des sentiers de longue randonnée ni à proximité des refuges. Si vous passez la nuit dans le parc, vous devrez obligatoirement réserver une place en refuge.

Quatre refuges sont disponibles : l’Hivernal, l’Ulysse, le Fantôme et le Pionnier. À noter que les trois premiers refuges sont munis de matelas, ce qui rend inutile l’apport d’un tapis de sol, tandis que le Pionnier n’en possède pas. Chaque refuge peut accueillir un maximum de huit personnes. Généralement, l’aménagement comprend deux espaces de quatre couchettes sous forme de lits superposés.

Les refuges ne disposent ni d’eau courante ni d’électricité. Ils sont toutefois équipés d’un poêle à bois, de tables et de chaises, ainsi que de toilettes sèches situées à l’extérieur. Le papier de toilette et le désinfectant y sont fournis.

Les tarifs pour une nuitée varient approximativement entre 38 $ et 42 $ avant taxes. Le prix est légèrement plus élevé durant les fins de semaine. Étant donné la popularité de cette randonnée, il est essentiel de réserver longtemps à l’avance. En haute saison, notamment durant le temps des fêtes ou la relâche scolaire, il est recommandé de s’y prendre au moins un mois à l’avance. Les réservations se font par téléphone uniquement, et non en ligne. Le numéro à composer est le 1 800 665 6527.

Services offerts

Pour les personnes qui ne souhaitent pas transporter l’ensemble de leurs bagages durant la journée, un service de transport de bagages est offert. Les détails et les tarifs sont disponibles sur le site de la Sépaq. Les prix varient entre 16 $ et 32 $ par jour et par bagage, selon la distance à parcourir (ceci est le prix standart pour un sac-à-dos de 20 kg et moins. Si le poids du sac est trop élevé, le transport pourrait être refusé. Il est également important de mentionner que pour avoir accès à ce service, il faut réserver plus de 48 heures à l’avance en appellant au 1 800 665-6527.

Sécurité et réseau cellulaire

Ne comptez pas sur le réseau cellulaire pour assurer votre sécurité, car à de nombreux endroits sur le sentier, vous n’aurez aucune connexion. Pour ma part, je préfère toujours emporter un téléphone satellite lors de longues randonnées, afin de pouvoir faire face à une situation d’urgence. J’ai choisi le Garmin inReach Messenger, qui me coûte environ 12 $ par mois et me permet de contacter les secours en cas de besoin.

Bien que des patrouilles circulent occasionnellement dans le parc, elles ne sont pas présentes en permanence. Il est donc essentiel d’être entièrement autonome en matière de gestion des risques et de sécurité.

Frais et budget

Comme mentionné plus tôt, les tarifs pour la nuitée varient approximativement entre 38 $ et 42 $ avant taxes, le prix étant légèrement plus élevé durant les fins de semaine. Pour ma part, j’ai dépensé un total de 136 $ pour trois nuits. Si vous ne possédez pas la carte annuelle de la Sépaq, vous devrez également payer les frais quotidiens d’accès, qui s’élèvent à environ 10 $ par jour.

Et voilà ! Je vous souhaite une aussi belle randonnée que j’ai eue ! SI vous avez des questions, n’hésitez pas. Bonne randonnée et à bientôt! xxx

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